mardi 31 mars 2009
Visite de Nicolas Sarkozy à Châtellerault
Communiqué de Ségolène Royal
Le bassin d’emplois de Châtellerault est celui qui, en Poitou-Charentes, souffre le plus de la crise actuelle, en raison particulièrement de la forte présence d’équipementiers et de sous-traitants travaillant dans le secteur automobile. Comme si cela ne suffisait pas, le Gouvernement a annoncé ces derniers mois la fermeture de services publics aussi importants que l’Ecole de gendarmerie et le Tribunal des Prud’hommes.
La visite de Nicolas Sarkozy à Châtellerault aurait pu être utile à deux conditions :
Qu’il
montre un geste fort de l’Etat en direction d’un bassin d’emplois en
difficultés en annonçant le maintien de l’Ecole de gendarmerie de
Châtellerault,
Qu’il confirme l’intervention rapide et sans
équivoque du Fonds Stratégique d’Investissement pour sauver la filière
automobile, sous-traitants compris.
Avec la seule annonce de la désignation d’un commissaire à l’industrialisation, le compte n’y est pas.
Cette visite a par ailleurs permis de constater une nouvelle fois que Nicolas Sarkozy n’est pas un président qui rassemble les Français comme cela serait nécessaire en temps de crise, mais qu’il est au contraire un président qui divise profondément notre pays. Jamais les déplacements d’un président de la république n’avaient, en France, suscité autant de manifestations et de tels déploiements de forces de l’ordre qui le coupent du pays réel et des Français, ce que ne sauraient masquer les meetings devant quelques militants UMP.
Le Président de la République doit agir pour tous les Français et pas seulement pour quelques-uns, les plus nantis.
Interview de Ségolène Royal dans le quoditien Centre Presse
« C'est une joie d'être présidente de région »
PAUSE DÉJEUNER AVEC... Ségolène Royal. La présidente du Conseil régional était l'invitée de la rédaction hier pour un tour d'horizon à l'entame de la dernière année de son mandat.
Ségolène Royal s'est mise à table avec la rédaction, hier à l'heure du déjeuner, au propre comme au figuré.
Vous attaquez la dernière année de votre mandat régional. Est-ce que vous avez tenu les promesses de la campagne de 2004 ?
Ce n'est pas encore le moment de faire un bilan. Il reste un an, c'est beaucoup. [...] Nous sommes allés beaucoup plus loin que les engagements du projet initial. Vous pouvez le reprendre point par point pour vérifier. Voyez les 5000 emplois-tremplin, on les a largement dépassés.
Le projet politique avait été construit dans des réunions participatives, il a évolué de la même façon. Il s'est enrichi d'idées neuves. Sur le plan économique par exemple : l'appel à projets du véhicule électrique, l'agence régionale de l'innovation, le plan photovoltaïque de 400 millions d'euros, etc. D'autres chantiers arrivent, l'objectif « zéro pesticide en Région » par exemple.
De quoi êtes-vous la plus fière ?
Une action parmi d'autres ? C'est difficile. L'exemplarité de la région sur la croissance verte, c'est essentiel. Parce que derrière cette volonté d'excellence environnementale, il y a tout : les nouveaux métiers, les nouveaux emplois, une meilleure santé, une meilleure agriculture, les énergies renouvelables. On fait chaque jour la démonstration que c'est possible. La France pourrait être l'un des premiers pays du monde dans ce domaine.
Le deuxième pilier, c'est l'éducation. En Poitou-Charentes, on est exemplaire sur l'apprentissage, la formation professionnelle. Des actions qui sont imitées dans les autres régions.
Votre discours est volontairement positif. Il n'y a rien que vous ayez raté depuis que vous êtes aux commandes ?
Qu'est-ce qu'on a raté ? (Elle réfléchit, interroge du regard Jean-Luc Fulachier, le directeur général des services.) Le pôle de compétitivité qu'on voulait porter et qui a été torpillé par la droite ? Ce qui pèse, ce sont les réticences politiques ou administratives. Regardez Heuliez, il faudrait que ça débouche vite. C'est pas possible d'attendre quelques millions d'euros alors qu'on parie sur le véhicule du futur.
Les élus régionaux ont-ils les coudées franches ?
Je fais confiance, je délègue beaucoup. Pas la première année, c'est vrai, parce que je voulais tout comprendre du fonctionnement de la Région, des financements, des marges de manœuvre, etc. Afin de ne pas me laisser déborder. Mais ensuite, j'ai laissé une très grande marge de décision aux élus. Aujourd'hui, je contrôle, c'est tout. Parfois je resserre un peu la vis, mais c'est marginal. J'ai une excellente équipe d'élus, soudée. À tel point que je ne fais même plus de différences entre les socialistes, les verts, les communistes, les radicaux...
Pendant ces cinq ans, vous avez fait trois campagnes personnelles (les primaires socialistes en 2006, la présidentielle en 2007, la campagne interne du PS en 2008). Est-ce que l'action régionale en a pâti ?
Je pense que la Région en a bénéficié, notamment en termes de notoriété. Toutes mes prises de parole ont eu lieu en tant que présidente de Région. J'illustre toujours mes propos par un exemple issu de la politique régionale ou en citant des gens qui font ici des choses formidables. C'est la politique par la preuve. Ce qui est fait ici, on pourrait le faire au niveau national.
Dans la dernière année de mandat, on pense forcément aux élections qui vont suivre. Vous avez déjà une liste, des thèmes de campagne ?
C'est un sujet qu'on n'aborde absolument pas. Il y a encore un an de mandat, dans un contexte de crise économique difficile, les gens sont au boulot. Il n'y a pas un élu qui soit venu me voir pour me parler de la prochaine liste. Je le recevrais très mal si ça arrivait. On n'est pas du tout dans cette phase. On est au service de la Région.
Vous y penserez quand ?
Le plus tard possible, l'année prochaine. Aujourd'hui, on bosse. Et je vous assure que c'est un bonheur d'être présidente de Région, une joie de tous les jours. Vous avez vu ce récent sondage qui dit que les gens sont plus attachés au fait régional qu'à leur département ?
Et si c'est l'opposition qui part en campagne la première ?
Si l'opposition a de bonnes propositions à faire pour la Région, qu'elle les fasse plutôt avant le vote du dernier budget. Je voterai sans problème une bonne idée de l'opposition. Il lui reste un an.
Qu'est-ce qui est le plus important : la Région ou 2012 ?
C'est la Région. Ce sont les autres qui évoquent 2012, pas moi.
Samedi, vous étiez pourtant à Paris avec vos troupes de Désirs d'avenir..
Je leur ai parlé d'Heuliez ! Si je peux avoir une expression politique authentique, c'est grâce à ce que je vis et je fais dans la région. Inversement, si je fais des choses positives ici, c'est parce que j'ai une vision claire des enjeux nationaux et internationaux. Je ne serais pas la même présidente de Région si je n'avais pas ces responsabilités nationales.
« J'attends de Sarkozy »...
...« Qu'il profite de sa visite à Châtellerault pour annoncer le
maintien de l'école de Gendarmerie. En tant que chef des armées, il a
le pouvoir de la décision et lancerait, dans un bassin d'emploi
particulièrement fragilisé, un signe fort en direction de nos
concitoyens. »
... « Qu'il se comporte en tant que président de la République et
débloque sans lésiner le fonds d'investissement stratégique pour les
entreprises précarisées. Chez Fabris, nous sommes intervenus et avons
évité le dépôt de bilan. Des idées ont été mises sur la table, mais
elles ont besoin du soutien de l'État pour aboutir. Il en va de même
d'Heuliez. Il appartient à Nicolas Sarkozy de rectifier le flou
artistique qui entoure ce dossier. C'est à lui et à lui seul qu'incombe
le devoir de reconnaître l'enjeu économique du véhicule électrique et
de déterminer la stratégie adaptée au développement du projet. C'est à
lui et à lui seul qu'incombe le devoir d'éviter le dépeçage de cette
entreprise. »
Ça va mieux en le disant
Paris Match a été condamné à 16 000 euros d'amende pour avoir publié
des photos de vous. Où placez-vous la frontière entre la femme
politique et la femme privée ?
C'est très simple. La vie publique, c'est ce qu'on décide de rendre
public. Le reste, c'est privé. Alors, on me rétorque que j'ai posé avec
mes enfants. Mais quand Giscard était sur des photos électorales avec
ses enfants on ne disait rien ! Jamais vous ne m'avez vue avec ma
famille sur des affiches électorales. Je ne ferai jamais ça.
Cette photo avec ma fille, ça remonte à 16 ans ! À l'époque, je suis
ministre de l'Environnement, la presse me demande ce genre de choses,
alors je donne une photo avec mon enfant, parfaitement digne et
respectable, pour éviter ensuite d'être pourchassée.
C'est comme si vous invitiez votre voisin à prendre l'apéritif chez
vous et que, le lendemain, il revienne et entre sans demander la
permission, puis se serve lui-même. Quand je donne une photo, c'est
public. Sinon, c'est privé. Et on ne rentre pas dans un domicile privé.
Rencontre avec Howard Dean
Terra Nova vous invite à une rencontre exceptionnelle avec Howard Dean (Président du Parti Démocrate américain) - "Moderniser la vie politique : le modèle Obama" - en présence d'Arnaud Montebourg, Delphine Batho et Olivier Ferrand.
SAMEDI 4 AVRIL – 16h à 18h
Mairie du IVème arrondissement
2 place Baudoyer, 75004 Paris
Président sortant du Parti démocrate (2004-2009), ancien Gouverneur du Vermont, Howard Dean est considéré comme le précurseur et l’architecte de la victoire de Barack Obama. Candidat à la primaire présidentielle en 2004 face à John Kerry, il est le premier candidat à avoir maîtrisé internet, en s’appuyant notamment sur Move On pour créer un mouvement de soutien. A la tête des Démocrates, il a contribué à élaborer la stratégie politique gagnante (« stratégie des 50 Etats », allongement de la primaire) et les outils technologiques (présence sur les réseaux sociaux, site internet communautaire, financement par petits dons, programme de porte à porte…) qui ont été mis en œuvre par le candidat Obama. Il a également été au cœur de l’élaboration du programme présidentiel.
Arnaud Montebourg (secrétaire national du PS à la modernisation), Delphine Batho (députée) et Olivier Ferrand (président de Terra Nova) reviennent d’un séminaire sur la campagne présidentielle US, organisé à Washington par les équipes Obama pour la gauche européenne. Terra Nova a para ailleurs réalisé une mission sur les innovations de la campagne Obama (rapport disponible sur www.tnova.fr).
La rencontre sera introduite par Dominique Bertinotti, maire du IVème arrondissement.
lundi 30 mars 2009
Carnets de voyage
Ségolène Royal tire de ses voyages un enrichissement incontestable et extraordinaire pour sa réflexion. Ses rencontres avec des personnalités mondiales très diverses, des cultures différentes, des organisations politiques originales ne peuvent que bénéficier à l'élaboration d'une nouvelle gouvernance, à la recherche de réponses plus complètes et diversifiées aux questions que se posent notre société actuelle, à la résolution durable de la situation de crise mondiale.
L'essai qu'elle publie aujourd'hui à la Fondation Jaurès témoigne de sa capacité d'approfondir, d'expliquer, de faire comprendre les enjeux qui dépassent nos frontières et dont nous dépendons.
Vous trouverez sur ce site le texte complet* de cette ouvrage politique; nous joignons aussi ses notes envoyées lors de ses séjours en Amérique.
L'équipe DA
*pour télécharger l'essai gratuitement cliquez ici
Obama, Lula, forum social : dix leçons convergentes, par Ségolène Royal
La crise globale qui ébranle la planète disqualifie les dogmes de la
révolution néo-conservatrice. Elle doit hâter l'avènement d'un nouveau
paradigme.
Quels domaines vitaux doivent être soustraits aux diktats exclusifs du profit à courte vue ? Quel rôle pour une puissance publique assumant la plénitude de ses responsabilités ? Comment conjuguer l'efficacité économique et la justice sociale ? Comment prendre hardiment le tournant de la croissance verte ? Comment donner aux citoyens un pouvoir inédit de participation aux décisions et de contrôle de leur application ?
Ségolène Royal était à Washington pour l'investiture de Barack Obama puis au Forum social mondial de Belém où elle a rencontré le Président Lula : d'une Amérique à l'autre, des pistes novatrices et des parti-pris volontaires dessinent d'autres possibles et ébauchent un modèle alternatif de développement.
Dans un essai publié aujourd'hui à la Fondation Jean Jaurès, elle revient sur ces autres possibles.
Téléchargez ici l'essai Obama, Lula, forum social : dix leçons convergentes, par Ségolène Royal, ou rendez vous sur le site de la Fondation Jean Jaurès.
Obama, Lula, forum social : dix leçons convergentes, Ségolène Royal, Les Essais, Fondation Jean Jaurès, mars 2009, 36 p., 4 euros.
Pour vous abonner gratuitement aux publications de la Fondation Jean Jaurès, cliquez ici.
Vincent Peillon veut "expurger" le Pen du Parlement Européen
"Nous pouvons laver la France et notre République de la honte que Jean-Marie Le Pen représente", a lancé la tête de liste PS dans le Sud-Est pour les européennes.
Vincent Peillon, tête de liste PS dans le Sud-Est pour les européennes, a appelé, samedi 28 mars, les électeurs à se mobiliser massivement pour "expurger" le Parlement européen de Jean-Marie Le Pen, "une honte pour la France".
"Le Pen c'est quelqu'un qui est la honte de la France. (...) Nous pouvons laver la France et notre République de la honte qu'il représente, il suffit de mobiliser massivement les électeurs pour l'expurger du Parlement européen", a déclaré Vincent Peillon, devant quelque 400 militants socialistes rassemblés près de Marseille aux Pennes-Mirabeau.
"Faire en sorte qu'il ne soit pas réélu"
Interrogé sur les moyens d'empêcher Jean-Marie Le Pen de présider, en tant que doyen, la session inaugurale du Parlement européen après les élections, Vincent Peillon a déclaré qu'"il y a(vait) quelque chose de plus simple à faire plutôt que de légiférer pour qu'il ne préside pas, c'est de faire en sorte qu'il ne soit pas réélu dans cette région". Le président du FN se représente, à 80 ans, aux élections européennes dans le Sud-Est.
Les groupes politiques du Parlement européen ont donné jeudi leur feu vert à une modification de leur règlement interne, afin d'éviter que le leader de l'extrême droite puisse présider cette session. Cette réforme du règlement pourrait être votée par la plénière en avril.
"Une autre Europe"
Vincent Peillon a également jugé qu'en cas de vote sanction contre l'Europe libérale, qu'il appelle de ses voeux, "ce serait aussi un vote sanction contre Sarkozy".
"On a besoin de l'Europe, aucun des problèmes que nous rencontrons au niveau économique, social, sur l'environnement, sur l'alimentation, sur la Méditerranée (...) ne peuvent être traités tout seul et tous ceux qui veulent nous faire croire qu'en fermant les frontières, ça ira mieux, nous trompent", a-t-il dit.
"Et en même temps, l'Europe, telle qu'elle est, est insatisfaisante, elle est dirigée par la droite et le Parlement européen n'a jamais dans son histoire été à gauche. Nous avons besoin d'une autre Europe, une Europe du centre, harmonisée socialement et fiscalement", a-t-il déclaré.
dimanche 29 mars 2009
Ambiance d'amitié et de fraternité
C'est dans ce magnifique petit théâtre plein de cachet et chargé d'Histoire, le théâtre Déjazet, ouvert en 1851 sur le boulevard du temple et ayant échappé aux transformations haussmanniennes, que nous avons pu acclamer Ségolène et son équipe et partager des moments de réflexion hautement philosophique sur le thème de la Fraternité.
"Un mot que nous n'osons plus prononcer tant il est chargé de sens profond". Régis Debray nous a fait redécouvrir le sens de cette valeur inscrite sur tous les frontons républicains, valeur que "Ségolène a su remettre au goût du jour".
Après ce brillant éloge à la Fraternité, l'on ne peut que conseiller d'écouter attentivement ces mots de haute portée, de réfléchir et redécouvrir cette valeur dont démonstration a été faite de son universalité, de son lien fort qu'elle tisse entre des Hommes et des Femmes Libres et Egaux.
Une vidéo* à écouter à tout prix !
L'équipe DA
*intervention de Régis Debray à visioner ici
Discours tenus lors de l'AG nationale de Désirs d'avenir le 28 mars 2009
Hier se tenait notre Assemblée Générale au théâtre Dejazet de Paris, sous la présidence de Jean-Pierre Mignard et en présence de Ségolène Royal. Régis Debray était l'invité de cette Assemblée Générale et nous a offert un grand discours sur la Fraternité.
Voir le discours de Ségolène Royal
Discours de Ségolène Royal lors de l'AG de Désirs d'Avenir
Voir le discours de Régis Debray
Régis Debray : un moment fraternité avec Désirs d'Avenir
Voir le discours de clôture de Jean-Pierre Mignard
Jean-Pierre Mignard s'exprime sur la Fraternité à l'AG de DA
Royal toujours plus fraternelle (le JDD)
Ségolène Royal a fait salle comble samedi au Théâtre Déjazet, à
Paris, dans le cadre de l'assemblée générale de son association, Désirs
d'avenir. L'occasion pour l'électron libre du PS, une semaine après le
Printemps des libertés en demi-teinte organisé par Martine Aubry au
Zénith, de fustiger "un pouvoir complice" des dérives financiers
actuels.
Les militants sont déjà debout, à applaudir. Le "chauffeur de salle" les a fait lever trop tôt: "Mes amis, Ségolène est sur le point d'arriver. Asseyez-vous, vous risquez d'avoir des crampes!" Le temps de faire un peu de pub: "Le DVD Une campagne pour l'avenir est en vente à la sortie. Je sais que vous êtes là pour la voir. Mais je vous le dis quand même: dans ce DVD, il y a Ségolène!" Et la voilà enfin. Ségolène Royal débarque, samedi en milieu d'après-midi, à l'assemblée générale de son association Désirs d'avenir réunie à Paris.
Quelque 800 membres de "DA" s'entassent dans les travées du Théâtre Déjazet. Les uns brandissent des appareils photo, d'autres des bouquets de fleurs. Et tous clament en choeur: "Ségolène présidente!" Jean et pull blanc à poches pailletées, Ségolène Royal monte sur scène, tout sourire. Elle salue ses "très très chers amis" de DA. Pas "un courant, encore moins un sous-courant", mais "un mouvement ouvert". Royal fustige les "délinquants très riches, ces oiseaux de proie" pouvant "compter sur la mollesse d'un pouvoir complice", et elle conclut son discours sur "la fraternité": "Ce devrait être le principe de tout gouvernement" ! Standing ovation.
Avec Régis Debray
Fraternité? Une semaine après le flop du Zénith de Martine Aubry sur les "libertés", Ségolène revendique sa valeur fétiche, qu'elle scandait en septembre. Mais, cette fois, elle a une caution de poids: "J'ai entendu que le people et le glamour ne suffisent pas et comme, malgré les apparences, c'est aussi ma conviction, nous avons invité Régis pour réfléchir", attaque-t-elle. Régis, c'est l'intellectuel Régis Debray, qui vient de publier Le Moment fraternité (Gallimard). Quand Ségolène était jeune conseillère inconnue à l'Elysée, Debray était une star de la Mitterrandie. Il tutoie Royal. La remercie d'avoir "su donner une nouvelle jeunesse à un mot oublié, refoulé, devenu presque incongru".
Les militants boivent du petit-lait en entendant le philosophe vanter une fraternité qui "ne fait pas partie du vocabulaire du chef de l'Etat" car "il n'appartient pas à la mode libérale anglo-saxonne". Avis à ceux qui s'étaient gaussés de Ségolène au moment de sa fête de la fraternité au Zénith. "Peut-être que la prochaine fois, on rira un peu moins", prévient Jean-Pierre Mignard, le président de DA. "En septembre, vous vous êtes tous moqués de Ségolène, s'emporte Amale, une libraire. Les médias ont glosé sur le côté people, mystique, sur sa tunique indienne, mais la fraternité, c'est un concept politique, Ségolène est toujours en avance."
Le meeting s'achève avec une nouvelle standing ovation. Les
adhérents attendent les prochaines réunions majeures du mouvement, un
colloque "de la fraternité" le 29 avril, et un forum social "de la
fraternité" encore, à Montpellier fin septembre. Ségolène Royal
enchaîne des dédicaces sur son dernier livre. Une militante lui glisse
un bonbon: "Parce qu'elle nous a offert une superbe AG. D'habitude, les
discussions sur les statuts, c'est un peu sec. Là, c'était un vrai
régal!" Sylvain, nouvel adhérent de l'association, s'enflamme:
"Ségolène rayonne. Elle est au-dessus de la mêlée, elle a raison."
Certains militants s'inquiètent auprès des journalistes: "Ne parlez pas
que des applaudissements. Il y a du fond!"
Lire l'article sur le site du JDD en cliquant ici
Message de Najat Vallaud Belkacem
Quelques mots pour vous dire à mon tour mon grand regret de ne pas être à vos cotés demain à l'Assemblée générale de DA. Je serai retenue sur Lyon où j'organise, dans le cadre de mes fonctions d'adjointe à la Ville de Lyon, une journée de réflexion nationale sur la politique de la jeunesse en ces temps de crise, de diète et de commission Hirsch qui redécouvre soudain les vertus des emplois aidés... Gerard Nicolas représentera le Rhône avec le talent qu'on lui connait.
Si j'avais pu être à vos cotés, j'aurais sans doute commencé par vous expliquer mon positionnement auprès d'autres sur la composition des listes européennes au parti socialiste. Je sais bien que cela a pu troubler certains d'entre vous qui n'ont pas hésité à m'appeler. Je vous aurais dit mon malaise face à une méthode qui a fait la part belle aux états-majors, aux petits arrangements entre amis, sur un coin de table, dans le plus grand mépris des élus locaux qui font tout le boulot par ailleurs; mon malaise face à un Parti socialiste qui fait semblant de consulter les militants sur des pseudo-votes de « validation » où il n’y a rien à décider. Il me semblait impossible de laisser passer une telle méthode sans marquer le coup, ça aurait été une trahison à l’égard de toutes les idées que nous avons défendues avec la motion E à Reims. C’est tout cela que j’ai voulu dire, et à quoi je veux rester fidèle, bien plus qu’une question de soutien à telle ou telle personne. Je suis d’autant plus à l’aise sur ce sujet que j'ai toujours dit qu'une fois le vote advenu, je serai la première à faire campagne pour nos candidats sans aucune réserve.
Je vous aurais sans doute dit un mot aussi de ma perception des courants puisque l'inévitable question est celle de leur survie. Dans le fond, je suis comme tout le monde, les courants, les motions, les alliances, les clubs, la pesée permanente des uns et des autres pour savoir qui représente quoi, je m’en fiche un peu. Je n’ai jamais jugé de la valeur d’un homme ou d’une femme politique au trébuchet de son appartenance à un courant, ou à la taille de ses troupes. Se retrouver derrière quelqu’un, l’aider, l’accompagner, lui être fidèle, lui permettre d’aller jusqu’au bout d’une ambition qu’on partage, ça oui, ça peut avoir du sens. C'est ce que je fais, c'est ce que DA fait, auprès de Ségolène Royal. A partir de là, il faut bien s’organiser, mais c’est tout. La seule solution pour que la démocratie vive dans ce parti, c’est la parole et le pouvoir aux militants mais si, et seulement si, ils sont suffisamment nombreux et représentatifs de la diversité française, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Si on regarde bien d'ailleurs, la fameuse motion E, était une motion anti-motion, anti-courant, qui proposait un autre fonctionnement pour le parti. Nous aurions voulu obtenir ce résultat de rénovation par les urnes, proprement : je crois que le résultat sera le même au final, mais par un processus de décomposition un peu plus lent, un peu plus douloureux. C’est tout. Reims a été l’apogée de tout ça : tout le monde a construit son courant, sa motion, son alliance pour battre le mouvement qui se structurait derrière Segolène Royal. ça a marché, mais pour quelques mois. On verra bien que ça donnera, mais Ségolène Royal à mon avis n’est pas vraiment concernée par tout ça. Elle est un peu ailleurs, un peu au dessus de tout cela.
Pour moi, Ségolène, c'est l’opposante à Sarkozy que les Français écoutent : toutes ses déclarations le montrent, heureusement qu’elle est là à 100% de son temps pour faire ce travail pendant que d’autres, c’est une nécessité par ailleurs, font de la politique à un niveau qui intéresse moins les Français. Elle le fait à sa manière, complémentaire de ce que fait Martine Aubry, avec la légitimité qui est la sienne et que personne ne peut lui enlever : celle de l’ex candidate face à Sarkozy, qui a mené presque seule la bataille contre lui. En le faisant, elle est clairement DANS le Parti socialiste, et veut travailler avec sa direction. Mais elle excède le seul parti. Sa différence c'est sa vision et son ambition qui vont au-delà du seul Parti Socialiste ; elle l'a toujours dit, toujours assumé en particulier avec Désirs d’avenir.
Aujourd’hui, il y a ceux dont le rôle est de rassembler les socialistes et les mettre en ordre de marche, ils le font avec plus ou moins de succès. Et il y a Ségolène Royal qui peut aller au-delà, avec sa liberté, sa personnalité, ses idées, sa façon de faire les choses qui doit déjà convaincre au-delà, montrer chaque jour qu’une alternative à gauche est possible, en élargissant les frontières, en créant un espace des possibles capable de séduire une majorité de Français, quelle que soit leur famille politique aujourd’hui. C’est un rôle qui sert le PS, en l’ouvrant sur l’extérieur et en allant chercher des idées nouvelles, libéré peut-être des certaines « pesanteurs » internes qui ralentissent l’action, les réflexions, les propositions.
Reste pour ses partisans entrés à la direction du PS à y défendre une vraie différence: le fonctionnement du Parti. Nous admettons avoir perdu le Congrès : mais nous continuons à faire valoir nos idées sur plus de démocratie interne, plus de respect des militants, plus de débats et de dialogue, plus de nouveaux militants en espérant qu'à terme notre grande et belle idée d'une primaire pour la désignation des candidats à la présidentielle puisse l'emporter, c'est la condition de notre réussite. C'est la condition pour que les militants socialistes et plus généralement tous les sympathisants ne se fassent pas voler leur droit à choisir le candidat de la gauche à la prochaine élection présidentielle; C'est la condition enfin pour que ce ou cette candidate ne se retrouve pas comme en 2007 à faire campagne d'abord contre son propre camp. Ce combat là c'est le combat n° 1 de Désirs d'avenir.
Pour ma part, avec un beau secrétariat national consacré aux questions de société, et donc aux valeurs qui la sous-tendent, j'escompte faire entendre ma propre voix: ni entrisme ni dissidence ni emprisonnement, je compte garder ma liberté et faire entrer un peu de l'esprit de Désirs d'avenir dans la direction qui en a tant besoin.
Je profite de ce message, moi qui intervient trop rarement dans ces échanges, mais qui les lit toujours avec appétit, pour remercier les animateurs de DA qui redonnent confiance dans la politique. Je n'ai pas encore trouvé d'espace dans lequel la discussion , les échanges et la construction soient mieux menés, c'est sans doute grâce au travail exceptionnel de médiation accompli tous les jours par Fabien Pierre Nicolas et Jean Pierre Mignard.
Segolène Royal nous a fait l'honneur avec Delphine Batho de nous désigner portes parole de ses positions, je conçois aussi ce rôle comme étant au service de Désirs d'avenir.
Amitiés à vous tous,
Najat VALLAUD BELKACEM





