samedi 27 juin 2009
"Refonder le Parti Socialiste à travers la participation"
Par Yves Sintomer, auteur notamment de "La Démocratie participative" (la Documentation française) - Lu dans le Nouvel Observateur
La nouvelle déroute électorale du PS est sans appel. La
social-démocratie européenne ne s'en tirera pas sans revoir son
logiciel programmatique. L'adaptation au capitalisme néolibéral s'est
révélée délétère, la tentation d'une restauration des pratiques et des
modes de pensée des Trente Glorieuses est illusoire.
C'est aux défis du XXIe siècle qu'il convient de répondre. Avec audace, en
bousculant les tabous, en abandonnant la langue de bois. Avec la
société. Comment renouer avec les couches moyennes et populaires ?
"La refondation sera
participative ou ne sera pas"
Tétanisé par ses querelles, étouffant dans l'air raréfié d'une classe
politique coupée des préoccupations des citoyens, le PS sèche sur pied.
Il doit repenser de fond en comble ses modes d'organisation pour
retrouver sa sève - et des idées.
Il faut pratiquer la collégialité
partout où cela est possible : plusieurs têtes vaudront mieux qu'une au
sommet du parti ou dans les prochaines échéances régionales. Surtout,
la démocratie participative doit innerver les pratiques. En interne,
mais pas seulement : l'ère des partis de masse est terminée. Le PS doit
impulser mais aussi apprendre. Abandonner la prétention à avoir le
monopole de la décision, y compris sur les candidats aux fonctions
publiques. Les primaires ouvertes ne sont qu'un élément parmi d'autres.
Il ne s'agit pas de constituer une pure machine électorale, mais de
remplacer une structure pyramidale à la base réduite par une forme
d'organisation en réseau. Pour être irrigué en permanence par les
innovations, les besoins et les dynamiques émergeant dans la société.
Cela vaut aussi bien pour l'élaboration du programme que pour les
mobilisations électorales et sociales. La refondation sera
participative ou ne sera pas.
Source : NouvelObs.com




